L’été, un temps de découverte pour grandir avec ses enfants !

5 pistes pour faire de votre été une source d’inspiration pour toute l’année !

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C’est l’été, ça y est, vous y êtes. Le soleil, la crème solaire, la nature, la baignade au lac ou à la mer, les loisirs en famille, le temps qui semble s’étirer, les longues soirées aux bonnes odeurs de barbecue, les moustiques, les mouettes …  La vie avec les enfants (aucun lien avec le précédent item, biensûr !). Ou pas, ils sont chez Mamie ! Vous avez arrêté de courir partout pour le boulot, l’école et les activités, la kermesse et autre repas de fin d’année.  Stop. Stop. Stop.

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Ça fait du bien, non, parfois ? Quand on sait qu’une partie d’entre nous sont en burn-out parental ou simplement épuisés de toujours courir. Faire un stop, avoir du temps pour ne rien faire, ou faire ce qui nous fait plaisir. Alors, temps de repos pour vous ? Vous arrêtez de cogiter, et vous vous demandez même si vous allez lire cet article jusqu’au bout, pour mettre votre cerveau au repos. Surtout, ne lisez pas la suite…. je vais vous parler de manchots.

Aujourd’hui j’aimerais vous proposer juste un petit partage pour vivre pleinement votre été et qu’il soit source d’inspiration pour toute l’année.

 

Toute l’année, pour beaucoup, nous vivons un peu comme des manchots empereurs. Nous sommes habitués à vivre serrés les uns avec les autres, à être au milieu de figures connues, dans un monde plutôt froid, mais avec un rituel bien huilé au quotidien. Prenant soin de nos petits tout contre nous, et effectuant des allers retours avec le monde extérieur de façon plus ou moins ritualisée, en partageant les tâches entre parents. C’est parfois pénible mais finalement rassurant.

53-38914-marchpenguins-1481319164Photo issue du film La marche de l’empereur, magnifique film que je vous encourage à voir !

 

D’un seul coup, c’est l’été. Nous avons mis cap sur la Bretagne ou  … plus de glaces à l’horizon (sauf celles à la crème qui ravissent nos papille sous le feu du soleil enserrées dans leur croustillant cornet…), juste la grande marée, le soleil, la chaleur et l’odeur de l’écume.  Waouh ! Ca respire… Seulement des mouettes et goélands autour de nous, drôles d’animaux que nous croisons peu d’ordinaire. Nous attendions cela avec tellement d’impatience !

Dans le grand Sud (oui les manchots empereurs vivent en Antarctique), nous nous croyions limités à ce que notre environnement nous offrait :  se serrer les uns contre les autres, se nourrir, tourner en rond… C’est l’été, nous sommes en environnement inconnu et nous pouvons profiter de ce moment pour aller à la rencontre de nous mêmes, en tant que personne et en tant que parent.

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  • Profitez-en pour vous écouter et suivre votre intuition : De quoi avez-vous envie ? Besoin? Là, maintenant ? Si tout était possible, que feriez-vous dans l’heure à venir ? Comment pouvez-vous organiser vos journées pour prendre soin de ces besoins ? Se connecter à soi est ce qui me nourrit le plus en été, et ça me permet d’être plus présente pour les autres, enfants comme adulte. La semaine dernière, j’ai accompagné 20 enfants et ados pendant 11h30 par jour, dans un lieu où chacun pouvait prendre soin de ses besoins physiologiques comme affectifs, et ça a été une très belle expérience qui m’a ressourcée. Et vous ? Arrivez-vous à vous relier à vos intuitions, votre ressenti ?
  • Que remarquez-vous quand vous vous observez dans cet environnement différent ? Qu’est-ce qui est différent pour vous, dans vos réactions, votre vécu ? Par exemple, je remarque que quand je suis en forêt, je me sens totalement apaisée et en lien avec moi même. J’en déduis que j’ai ce besoin de nature pour me sentir bien, et que j’ai tout intérêt à prévoir des moments en forêt toute l’année. Je remarque aussi que j’ai besoin de repères, et que je les recréée spontanément en vacances pour me sentir bien, en installant mes affaires et en délimitant mon territoire, avec de petits rituels. Je peux peut être en tenir compte pour ma maison. Et vous ? Qu’est-ce qui change pour vous ? Prenez ce temps avant d’aller plus loin… Que pouvez-vous ensuite en apprendre ?
  • Qu’est-ce qui dans vos vacances ou votre été vous apporte le plus de bonheur ? Détaillez… est-ce l’ambiance, le lieu, le type d’activité ou ce qu’elle permet, la qualité des liens, la découverte,  le fait d’être ensemble, le temps qui s’écoule différemment, … Profitez-en pour le noter, le dessiner, le peindre symboliquement sur un caillou ou en garder trace. C’est important de garder une trace symbolique, pour l’intégrer et vous y replonger régulièrement, pour profiter au mieux de ce que cette période vous aura apporté. Un peu comme l’autobronzant en septembre, mais en mieux ! 😀 . Et au retour, prenez le temps de réfléchir à comment intégrer cet ingrédient à votre quotidien toute l’année.
20180719_155717.jpgVoici ma dernière création pour me souvenir que j’ai besoin de moments où nous jouons de la musique ensemble, pour la beauté du moment, les émotions qu’elle suscite et où chacun apporte à l’ensemble. Merci à ma collègue Anne Faujour pour l’atelier et l’idée 🙂

 

  • Observez vos enfants: comment vivent ils cette période ? Comment se manifestent leurs besoins physiologiques ? Les observer hors contexte scolaire ou hors rythme du travail peut nous apprendre beaucoup sur leurs besoins. Répondre à leurs besoins quand ils se présentent facilitera tout le reste : meilleure humeur, moins de pleurs et colères, moins de conflits…. c’est la meilleure période pour observer et voir à quelle heure il vaut mieux qu’ils dorment, mangent, aient du temps libre ou au contraire des activités plus cadrées…
  • Prenez-vous des temps privilégiés avec chacun de vos enfants, avec votre conjoint si vous en avez un, et aussi, avec vous mêmes ? C’est parfois tentant de faire tout en famille si nous avons plusieurs enfants, ou avec d’autres familles, amis, proches… En même temps, chaque relation est unique et se nourrit de moments, d’attentions, de temps passé ensemble… telle une écharpe dont nous pouvons prendre soin, chacun à notre bout. Être tout le temps ensemble ne nourrit pas forcément chaque écharpe, cela construit l’identité de groupe ou de famille mais ce groupe se compose aussi de relations individuelles qui ont besoin de soin.

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L’écharpe relationnelle selon Jacques Salomé.

Les temps avec soi sont plutôt des temps de recentrage indispensables pour prendre du recul et être connecté à soi. Ne pas en avoir nous empêche bien souvent de résoudre les conflits et être créatif.

 

Alors, bel été, et que ce temps de repos soit un temps de connexion avec vous même et vos enfants, pour mieux grandir ensemble  toute l’année !

 

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Si vous avez envie d’aller plus loin et ressentez le besoin d’affiner vos besoins pour une vie de famille qui vous ressemble et soit sereine, que ce soit en été ou toute l’année, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement personnalisé.
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Faut-il éduquer les parents ?

C’était le titre d’une émission récente à la télévision, à laquelle notre réseau Parentalité Créative a participé. Titre choc, invités nombreux et débat sur le plateau, sur la fessée, l’autorité … Cette question est intéressante, en tout cas : les parents ont ils besoin de formation, d’accompagnement, de soutien ? N’est-ce pas une fonction somme toute très naturelle d’être parent ?

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J’ai la chance d’avoir une double expérience à cet égard : celle d’enfant, et celle de parent. A ma naissance, mes parents ont proclamé : « jamais nous ne frapperons nos enfants« . Ils avaient reçu une éducation traditionnelle, ils sortaient tout juste de leur adolescence, et avaient réalisé combien les fessées et autres coups  les avaient blessés. Ils étaient plein d’idéaux à ma naissance. Oui mais. Oui mais. A cette époque, dans les années 80, ils n’avaient aucune aide à leur disposition pour faire différemment, et aucun soutien. Vœu pieux… avec trois enfants rapprochés, ils n’ont pas résisté longtemps à leurs automatismes. Même si ils ont malgré tout réussi à nous élever différemment de leurs propres parents, ils étaient prisonniers de leur propre éducation et n’ont pas réussi, malgré eux, à nous préserver totalement de cette violence héritée de leurs aïeux. Ils ont fait comme ils ont pu avec les moyens qu’ils avaient à cette époque. Cette violence reçue a néanmoins eu plusieurs conséquences graves sur ma vie de jeune adulte. Certains disent parfois qu’une fessée on n’en meurt pas. Moi je peux vous dire que j’ai réellement failli en mourir, d’une part parce que j’avais des idées suicidaires étant jeune, et d’autre part d’avoir appris que l’amour se conjuguait avec le fait de faire mal à l’autre, je n’ai pas su me protéger à temps. Alexia Daval, ça aurait pu être moi (NB: elle a été tuée par son mari). A un cheveu près, ou plutôt à une vertèbre près. Et si l’anecdote ne fait pas la vérité, il se trouve que les études confirment exactement cela  (voir aussi ici et le site de l’OVEO).

Je suis donc devenue parent avec cette conscience également. Avec les mêmes envies de douceur face à mon petit bébé si mignon et si vulnérable. Et je me suis assez vite rendu compte que mes propres automatismes me faisaient parfois réagir de façon violente face aux réactions émotionnelles de mon tout petit, j’avais de la colère qui surgissait de façon incontrôlable. Souvent, aux alentours de ses 2-3 ans, j’avais envie de le frapper, de lui donner une bonne fessée, de lui hurler dessus. J’aurais pu me dire que ça fait partie de l’éducation et que c’est inévitable. Mais non, il y avait quelquechose en moi qui me disait que ça n’était pas cela, l’éducation. J’ai eu la chance de n’avoir qu’un enfant à cette époque-là, pendant sa petite enfance. Cela m’a évité, je pense, de passer à l’acte – bien que j’aie parfois hurlé, et qu’un coup soit parti une fois. Mon petit garçon, qu’est-ce que je m’en suis voulu cette fois là… je me suis juré que cela n’arriverait plus jamais.

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J’ai eu la chance de devenir parent au XXIème siècle. Parce que quand je me suis posé des questions, j’ai trouvé des réponses dans quelques livres, sur des forums internet auprès de parents plus expérimentés et bienveillants, et dans des associations existantes autour de la parentalité. J’ai eu la chance de participer à un atelier de parents. En fait, ça m’a pris plus de 12 mois pour oser y participer : est-ce que c’est bien utile ? Est-ce que le prix vaut le coup ? Est-ce que ça ne fait pas de moi un parent défaillant d’avoir besoin de ce genre de chose? Et en réalité, j’ai trouvé ça génial. Même si pas toujours facile parce que ça remettait ma vision des choses sérieusement en question. J’y ai trouvé les réponses à mes questions, du soutien, de l’humanité, de l’entre-aide et de la compréhension, des outils concrets, et surtout : une aide pour apprendre à travailler sur mes propres réactions sans me sentir ni jugée, ni coupable. Et cela a réellement modifié, avec les années car cela prend du temps, ma capacité à accompagner mon fils avec bienveillance, que ce soit dans l’accueil de ce qu’il vivait ou dans la pose de mes limites. Cette double expérience d’enfant et d’adulte m’a donc totalement convaincue de la nécessité d’accompagner les parents, de leur fournir un soutien concret et efficace, parce que la volonté ne suffit pas face aux automatismes inconscients.

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Biensûr, beaucoup se demandent : mais si on ne met plus de fessée… Voire même pour les plus audacieux qui auraient lu un peu sur le sujet : si on ne punit plus, si on n’isole plus les enfants, est-ce que cela ne risque pas de donner des enfants tout puissants, qui ne respectent pas les règles ni les autres ?

C’est une excellente question. Qui illustre très bien combien notre éducation a imprégné notre façon de percevoir le monde. Pour justifier leurs actes, nos parents nous ont souvent convaincus que c’était pour notre bien. Que sans cette éducation, nous serions des petits monstres asociaux et sans limites. Il fallait bien justifier leur désarroi et leur réponse face à nos comportements d’enfants. Nous avons donc intégré très tôt, bien avant que notre sens critique puisse s’exercer, que sans cela, nous ne serions pas devenu des adultes respectables. En réalité, les études épidémiologiques montrent exactement l’inverse : les enfants recevant des fessées ou des humiliations par exemple, ont plus de comportements agressifs, antisociaux. Étrange, n’est-ce pas? Comment expliquer que notre perception soit exactement l’inverse de ce que montre l’épidémiologie ? Olivier Maurel à la suite d’Alice Miller, l’a très bien expliqué dans ses ouvrages, je vous encourage à aller les lire. Le cerveau a des modes de protection qui modifie notre perception de la réalité. C’est très troublant d’en prendre conscience, mais cela explique bien des choses.

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En réalité, il est tout à fait possible de poser ses limites autrement. Les outils sont nombreux et efficaces, aujourd’hui facilement disponibles, par exemple vous en avez 27 exemples dans cet article. Il y a des façons de le faire qui favorisent l’empathie de l’enfant, son intégration des normes sociales et des règles de la société. C’est une question d’écoute et de compréhension des émotions, de décodage des vrais besoins des enfants, de connaissance du développement de l’enfant, de gestion de ses propres émotions, de connaissance de ses limites, d’affirmation de soi et capacité à gérer les conflits. C’est une question de changement de regard sur l’enfant.

La difficulté pour nous parents qui n’avons pas reçu ce type d’éducation, c’est que nous avons en nous des automatismes qui nous empêchent souvent de parvenir à utiliser ces outils, car nos enfants réveillent nos blessures d’enfant. C’est donc une tâche particulièrement ardue et longue que d’apprendre à faire autrement. Certains parents font ce travail seuls, en couple, avec un entourage amical bienveillant, et c’est tout à leur honneur. Certains autres ressentent le besoin de se faire accompagner, et c’est tout à leur honneur aussi. Ce sont des parents courageux qui ont pris la mesure de l’importance de l’éducation, et qui expérimentent autre chose.

Je voudrais que ces parents-là reçoivent beaucoup d’empathie, parce que ça n’est pas facile, c’est un cheminement parfois escarpé. Cela implique souvent des moments où rien ne semble ajusté, où tout semble chaotique. Il y a des moments difficiles de prise de conscience, de frustration, de sentiment d’incompétence, de culpabilité. Cela fait partie du chemin : nous avons besoin de faire des erreurs pour apprendre, nous avons besoin souvent d’en passer par là pour trouver la force d’apprendre, pour regarder les choses en face et trouver la force de faire autrement. Et dans ce chaos, recevoir du soutien et parfois avoir quelqu’un qui soit à coté de nous pour accompagner nos pas hésitants peut s’avérer une aide précieuse. C’est l’amie bienveillante, c’est la personne au bout du fil (SOS Parentalité), ce sont toutes les initiatives associatives un peu partout en France,  et ce sont aussi des professionnels, comme le réseau Parentalité Créative, qui travaillent dans le privé, mais aussi dans des structures publiques avec des financements de la CAF. Qui organisent, comme moi, ateliers, stages, cafés des parents, conférences, formations pour les professionnels… C’est l’État qui met en place des politiques publiques pour soutenir la parentalité, parce qu’il a compris que 1 euro investi dans la parentalité fait économiser plusieurs euros ensuite, notamment en terme de santé publique.

Alors, non, il ne faut pas éduquer les parents. Il faut surtout leur donner les moyens du défi du XXIème siècle : accompagner les enfants avec empathie, pour diminuer la violence dans la société, que ce soit dans les familles, ou plus globalement.

 

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Comment faire pour qu’il change de comportement ?

Il a 33 ans, il est épuisé et à bout, manifestement. Il parle de son petit garçon avec amour mais lassitude. Je ne comprends pas, on a essayé plein de choses, mais rien n’y fait, je ne sais plus quoi faire.  Sa voix est pleine d’espoir. S’il vous plait, aidez-moi à trouver une solution, comment faire pour qu’il cesse de se comporter comme cela ?

Elle a 41 ans, elle est attentive à ses enfants, enjouée, mais on voit bien qu’elle en a gros sur la patate, ces temps ci, en famille, parce que ça ne se passe pas bien entre ses ados, et que rien de ce qu’elle a mis en place ne fonctionne. Comment faire pour qu’il arrête de taper sa sœur ?

Il a 38 ans, il a des cernes sous les yeux, une voix fatiguée. Il a tout essayé, les rituels, les histoires, le câlin. Il s’est parfois emporté sévèrement, il le dit avec un soupçon de culpabilité dans la voix. Il a parfois essayé la douceur, de la faire parler, de l’écouter, mais rien n’y fait.  Comment faire pour qu’elle dorme enfin, le soir ? Dites moi ?

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Souvent, j’ai un petit pincement au cœur quand j’entends cette question, je ressens très bien votre impuissance, votre désarroi, votre souffrance. Que celui qui n’a jamais ressenti l’envie de jeter ses enfants par la fenêtre ou de partir en courant lève la main, pour ma part ça m’est arrivé très souvent 🙂 (et je ne l’ai jamais fait, rassurez-vous !).

Et j’entends aussi votre demande :  donnez moi LA solution, là maintenant, pour qu’IL ou ELLE change. J’accueille ce que vous vivez avec toute l’empathie nécessaire, et en même temps, je sais d’emblée que je vais vous décevoir, un peu. Nous vivons dans une société où il faut être efficace et rapide, celle des solutions clé en main, de la livraison à domicile en moins de 24h, où tout est accessible 24h sur 24. Nous avons cette impression que nous contrôlons tout et qu’il suffit de vouloir, pour que tout roule comme nous le souhaiterions.

Et pourtant… les relations ne fonctionnent souvent pas uniquement avec la volonté. Certains problèmes avec les enfants se résolvent facilement et rapidement. Mais certains conflits ou difficultés sont plus complexes, tellement ancrés dans nos interactions qu’il faut du temps pour faire évoluer la donne. Et c’est souvent la volonté de contrôler les choses, nos pensées sur le problème, qui sont à l’origine de bien des problèmes avec les enfants.

Le sentiment d’impuissance est l’un des plus difficiles à vivre, il provoque souvent des réactions de colère disproportionnée vis à vis des enfants. Comment faire pour sortir de cet état et modifier la donne ?

  1. Prendre du recul et accueillir mon ressenti

Je vais vous révéler quelquechose. J’ai presque les mêmes mots, les mêmes attitudes, avec mon fils, depuis plus de 5 ans. Vous y reconnaitriez certaines phrases de Faber & Mazlish, par exemple, et d’autres, plus personnelles. Et vous savez quoi ? Il y a 5 ans, ces phrases ne « fonctionnaient » pas, bien souvent, dans le sens où elles ne produisaient pas une réponse attendue, notamment quand je demandais à mon fils de participer aux tâches ménagères (mettre la table, etc) ou de dormir le soir. Cela ne m’a pas découragée, parce que certains autres outils fonctionnaient à merveille, et que je voyais bien à quel point ma pratique nourrissait la relation avec mon fils, et nourrissait également mon besoin de grandir moi-même. Car chaque obstacle est une occasion d’en apprendre un peu plus sur soi. Aujourd’hui, les mêmes phrases fonctionnent beaucoup mieux, et j’ai beaucoup moins de problèmes.  Certes, mon fils a grandi, mais pas seulement. Alors, que s’est il passé?

Tout simplement, c’est moi qui ai changé.

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Nous oublions souvent que notre façon d’interagir avec nos enfants a un impact sur leur comportement. Nous oublions souvent que nos propres émotions façonnent la réaction de nos enfants. Nous oublions que le langage passe à 90% par le non-verbal, et que nos enfants perçoivent des choses dont nous n’avons pas conscience, juste en nous regardant ou au ton de notre voix. Nous oublions souvent que les comportements de nos enfants sont souvent des messages à décoder. Et que si nous sommes bien incapables d’écouter ce qu’il se passe en nous, nous aurons bien de la difficulté à les aider sur ce point là. Nous oublions que nous avons des croyances qui filtrent la réalité, et que ces croyances nous empêchent de regarder ce qu’il se passe réellement pour nous, ou pour notre enfant.

Souvent, nous oublions de regarder notre vécu intérieur, avant de passer à la solution.

Il est vraiment important, donc de prendre le temps d’explorer notre vécu intérieur pour arriver à faire évoluer les choses, pour prendre du recul. Quels sont vos sentiments, vos émotions, dans cette situation ? Cette question est fondamentale, et y répondre est nécessaire avant de passer à la suite. Quand je suis face à mon enfant que je veux faire dormir, mais qu’une partie de moi est dans la colère et le stress, il y a fort à parier que mon enfant le ressente et ne parvienne pas à trouver sa sécurité. Et parfois, je ne le sens même pas… nombre d’entre nous vivent coupés de leurs émotions, et ont bien du mal à s’y reconnecter. J’ai très longtemps eu du mal à aider mon enfant à dormir, parce que j’avais moi même de telles blessures autour du sommeil que je ne sentais même pas mon angoisse à l’approche de la nuit. Mais lui, il le sentait très bien ! Voilà pourquoi quand je suis à vos cotés pour travailler sur un problème, nous irons toujours faire un tour du coté de votre ressenti intérieur avant de parler de solutions.

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Comment est votre météo à vous ?

Parfois, le comportement de votre enfant provoque chez vous un stress ou des réactions disproportionnées difficilement contrôlables… c’est alors souvent un peu plus long et un processus spécifique. Car cela signe que la situation a réveillé notre mémoire traumatique, cette mémoire inconsciente issue de notre enfance ou notre histoire, qui vient parfois polluer la relation avec notre enfant à notre total insu. Dans ce cas, il y a a lors besoin de travailler sur cette mémoire traumatique pour pouvoir retrouver du pouvoir sur sa réaction. J’en reparlerai dans un article à venir, car c’est un point important et à développer, souvent celui qui fait que l’éducation bienveillante « ça ne marche pas », que vous vous sentez en échec malgré l’utilisation d’outils de communication.

Une fois que les émotions et ressentis sont devenues plus conscientes, vous pourrez travailler sur vos besoins, vos propres façons de les satisfaire, et les compétences éventuelles que vous avez besoin de développer pour résoudre cette difficulté. Souvent, notre impuissance vient du fait qu’il nous manque une compétence, nous identifions que quelquechose nous fait défaut. Et une autre personne peut sans doute nous aider, nous ne sommes pas omniscients. Prenez un engagement pour satisfaire vos besoins de façon personnelle et pour développer vos compétences, et tenez-le, c’est important.

Si vous ne pouvez pas changer les choses, qu’auriez-vous besoin d’accepter ?

2. Lâcher prise et travailler sur ses croyances

Parfois nous avons l’impression que nous contrôlons tout, nous avons un sentiment de toute puissance. Il y a des situations, pourtant, où nous n’avons aucun pouvoir. Et s’acharner à lutter contre,…  nous fatigue psychiquement. Nos attentes sont le creuset de nos déceptions… avez-vous identifié vos attentes, vos croyances, dans cette situation, sur vous même, sur votre enfant ? Nous avons d’innombrables attentes et croyances au sujet des enfants, certaines sont plutôt proches de la réalité, d’autres en sont plus éloignées.  Par exemple, si j’attends que mon enfant de 4 ans soit capable de réguler son comportement et ses émotions par lui même en toute situation, je m’expose à être déçu et fâché. Un enfant de 4 ans est bien incapable de gérer ses émotions, son cerveau ne lui permet pas, et la partie du cerveau qui inhibe les actions n’est encore pas très mature, aussi, c’est souvent très difficile pour lui, il est en train d’apprendre. Si  j’accepte qu’il est trop jeune pour le faire, je vais adapter plus facilement l’environnement à ses réelles capacités, je vais prendre les devants pour éviter les difficultés, et je lâcherai prise quand ça se passe mal, parce que je sais que ce n’est ni ma faute ni la sienne, c’est simplement qu’il est trop immature pour gérer son comportement tout seul. Il y a des fois où c’est simplement difficile à cause de cela, et il n’y a pas grand chose à faire.

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L’art du lâcher prise 😉

3. Travailler sur les situations délicates

Je peux retourner visiter les situations où ça s’est mal passé. Qu’ai-je ressenti ? Qu’a ressenti mon enfant ? Quel besoin son comportement cache-t-il ? Comment pourrais-je y répondre d’une autre façon, acceptable pour moi ? Par exemple, derrière un enfant qui refuse de dormir, peut se cacher un enfant qui a besoin d’attention. Je parle bien de besoin d’attention, parce que c’en est un vrai. Dans ce cas, je peux peut être trouver un autre moment en amont pour lui donner de l’attention exclusive. Parfois votre enfant a besoin de sécurité, et je peux aménager l’espace de sa chambre pour améliorer sa sensation de sécurité. Parfois, il a besoin de jouer… parce qu’il n’a pas assez le temps dans la journée. Je peux alors organiser la soirée pour qu’il ait plus de jeu libre (oui je sais, ils en veulent toujours plus 🙂 mais c’est un vrai besoin qui est grignoté de toute part par l’école).  La question du besoin est assez magique… quand on travaille à partir des besoins de chacun, on sort des croyance et on trouve plus facilement des solutions gagnant gagnant.

Il est important de décortiquer ce qu’il s’est joué pour chacun, pour notre enfant, pour nous même. Et de tenir bon sur nos besoins à nous, tout en étant ouvert et attentifs aux vrais besoins des enfants qui sont masqués par leurs comportements inadaptés.

Il y a aussi des situations non négociables où nous avons besoin de dire simplement non, et d’accueillir la frustration de nos enfants face à nos limites. Parfois, nous savons dire non, mais nous nous attendons à ce que nos enfants acceptent nos limites sans rechigner… et c’est tout simplement un attente irréaliste. J’ai l’expérience que quand nous acceptons intérieurement que nous devrons poser régulièrement nos limites pour protéger nos besoins ou ceux des autres, ET que notre enfant n’en tiendra pas compte tout seul avant un âge avancé ET que cela génèrera souvent des réactions émotionnelles (pleurs, colère, frustration) à cause de l’immaturité de son cerveau, nous gagnons en confort et en énergie… Et n’oublions pas aussi de dire des grands oui, quand ça se présente !

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Vous le voyez, ce processus prend du temps, parfois c’est encore plus complexe. Alors, oui, souvent il n’y aura pas de solution directement, et cela vous surprendra. Peut être même serez vous mécontents, au début. Je vous mettrai dans une zone parfois inconfortable pour vous, afin de vous permettre d’avoir une vision plus large du problème et de gagner en liberté. Et en même temps, il se passera quand même des choses, parce que c’est vous qui allez vivre des expériences qui vont vous aider à voir les choses sous un autre angle et faire évoluer la situation vous-même. C’est là toute la richesse d’un travail d’accompagnement, de permettre de donner un autre angle de vue qui permette de réajuster les choses ! Et à chaque petit pas, n’oubliez pas, nous grandissons nous mêmes, nous en apprenons sur nous et sur les autres et nous développons nos compétences et notre cœur… et chaque parent ne part pas du même endroit, pour certains c’est une petite balade facile, pour d’autres c’est un Everest… alors soyons indulgents avec nous mêmes et évitons les comparaisons 🙂

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L’épineuse question du rangement : Konmari à la rescousse des parents ;-)

C’est une question récurrente en tant que parent…. les enfants dérangent, mélangent, et oublient facilement de ranger leurs affaires. A moins que vous ayiez un troizans dans sa période sensible de classification, c’est souvent un casse-tête pour garder une maison en ordre sans s’énerver. Comment faire pour trouver un compromis avec les enfants et leur permettre de s’autonomiser sur le rangement ?

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Je fais partie des parents pour lesquels ça n’était pas du tout une question évidente. Enfant, j’ai surtout le souvenir de hurlements et de cris autour du rangement, de reproches, de critiques… C’était une obligation de ranger quand l’adulte le désirait, d’un seul coup, un ordre, ça ne se discutait pas. Et souvent je ne le faisais pas, ou pas assez bien, trop prise dans mes jeux, et surtout parce que je ne voyais pas du tout l’intérêt. Je me souviens avoir dit à ma mère : Pourquoi veux tu donc que je fasse mon lit , ça ne sert à rien puisque je le défais tous les soirs ! … Elle n’avait pas su quoi répondre, mis à part C’est comme ça. En général, ma mère finissait par ranger à ma place en râlant. A force, je me suis considérée comme nulle et incompétente à ce sujet, bien que j’aime l’ordre comme tout le monde. Je me suis étiquetée « Bordélique« , j’en souffrais mais j’étais convaincue que je ne savais pas faire autrement. Aussi pendant longtemps, devenue maman, cette question est restée un peu en friche, parce que je ne voulais pas reproduire cela. Et en même temps, je ne savais pas comment faire pour faire ranger mon fils, qui biensur refusait systématiquement de s’y mettre. Oui, pendant longtemps, je lui demandais de ranger, je m’y mettais avec lui et je me retrouvais à faire à sa place….

Mais à quoi ça sert de ranger ?

L’ordre est un besoin

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Tiré du très beau jeu de cartes « l’expression des besoins » : le besoin d’ordre

Ce n’est peut être pas évident pour tout le monde, mais l’ordre est un besoin, au même titre que les autres besoins, qu’ils soient physiologiques, affectifs. Pour s’y retrouver dans nos affaires, pour y voir plus clair, pour pouvoir circuler, nous avons besoin d’ordre. Cela veut dire aussi que ce besoin n’est pas forcément prioritaire sur les autres besoins, mais qu’il existe, et qu’il peut se manifester à des moments différents selon les personnes. Certaines personnes ressentent très peu ce besoin, d’autres beaucoup plus souvent. Il n’y a pas de mieux ou moins bien, chacun est différent ! Mais ça se complique quand on vit ensemble, à plusieurs.

Pour les enfants, cela prend du temps pour apprendre que l’ordre est un besoin, pour expérimenter que quand nos affaires sont rangées, nous nous sentons mieux que dans le désordre. Il est utile d’apprendre à son enfant à prendre conscience de son besoin d’ordre. C’est beaucoup plus facile de coopérer quand on a déjà ressenti le même besoin soi même.

Mais alors comment leur apprendre à ranger ?

Poser des questions et aider à se représenter l’espace !

Un point très important que j’ai appris de Marie Kondo (qui n’a pas d’enfants, mais j’ai adapté librement sa méthode au rangement avec les enfants) : il est important que l’enfant décide par lui même de l’endroit où chaque type d’objet se rangera. Dès qu’il est capable de parler, on peut l’aider à décider : on prend chaque objet dans la main, et on lui demande : Ou vas tu ranger cette voiture ? Il proposera peut être des endroits farfelus, ou pas du tout pratiques. N’oubliez pas, il est petit et n’arrive pas à anticiper les problèmes, c’est normal. C’est votre rôle de l’aider à en prendre conscience. Si tu le ranges sur ton clavier de piano, tu ne pourras plus te servir de celui-ci. Ou pourrais-tu le mettre pour qu’il ne t’empêche pas de jouer ? A cet endroit, on risque de marcher dessus quand on va à l’armoire. Sur cette étagère, oui, ça m’a l’air ok. Alors on le rangera toujours là dès qu’on aura fini de jouer avec. C’est l’étagère des motos. Et on range tous les objets du même type au même endroit.

Ou vas tu mettre tes crayons ? Avec quoi en as tu besoin quand tu dessines ? C’est notre rôle de le faire réfléchir en posant des questions, essayez, c’est bien plus efficace ! Ranger les objets selon les moments d’utilisation, avec les objets qui sont utilisés en même temps, permet de gagner du temps. C’est évident pour vous peut être, mais pas pour eux ! En posant des question, nous faisons travailler son cortex, et lui permettons de créer de nouvelles connexions, et apprendre à anticiper et réfléchir avant d’agir.

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Il est très utile de réunir tous les objets de la même catégorie ensemble (par exemple, les livres, les CD, les poupées, les voitures…), par piles par exemple. Et ensuite, demander à l’enfant où il les rangera toujours.

Trier les jouets et livres

Un des problèmes majeurs du rangement, c’est le fait d’avoir trop d’objets. Il peut être utile d’apprendre à nos enfants à faire du tri dans leurs affaires, pour ne pas être encombré. Certains parents font tourner les jouets, une partie dans le garage, une partie dans la chambre, et ensuite on change régulièrement.

Quand on prend un objet en main pour se demander où le ranger, on peut aussi poser à  notre enfant la question : Veux tu garder ce jouet ? As tu du plaisir à le voir dans ta chambre, t’est-il utile ? Ou bien préfères tu le donner, ou le vendre? Cela permet de faire du tri régulièrement. Oui, certains jouets sont des cadeaux. Mais ils ont déjà rempli leur fonction : faire plaisir, au moment où ils ont été offerts. Si l’enfant ne joue pas avec, le garder ne fait qu’ajouter du bazar dans sa chambre.

Ranger de façon visible

Les enfants ont souvent besoin de voir leurs jouets pour penser à y jouer. Aussi, ils n’aiment pas ranger quand les objets disparaissent de leur vue, car pour eux, ils n’existent plus. Les bacs à jouets à tiroirs ouverts au dessus sont plus appropriés car ils permettent d’avoir les jeux sous les yeux. Souvent, de petites étiquettes avec des images pour les plus petits, sur les tiroirs ou portes des meubles, les aident à visualiser ce que contient l’armoire. C’est parfois pour cela qu’ils n’aiment pas ranger, parce que du coup c’est comme s’ils perdaient leurs affaires.

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Apprendre à son enfant à ranger: une processus progressif.

Tout petits, nous rangeons et ils nous aident. Puis, progressivement, nous pouvons leur laisser la main : notre présence reste indispensable, pour qu’ils gardent une attention suffisante, mais c’est eux qui agissent, nous les rendons acteurs en les questionnant. Puis, selon les enfants, vers 8-10 ans, ils deviennent capables de ranger seuls avec des rappels de notre part réguliers. Enfin, ados, ils deviennent capables de se débrouiller, et surtout, ils n’ont pas envie qu’on touche à leurs affaires. Mais c’est parfois une autre histoire dans les espaces communs. Ils n’anticipent pas forcément bien, pas encore comme un adulte, alors les questions sont toujours bienvenues, et il faudra parfois réaffirmer son besoin d’ordre très clairement. A noter que si nous n’avons pas appris à nos enfants à ranger, il peut être nécessaire de ranger avec eux au début comme s’ils étaient plus petits : c’est un apprentissage comme un autre, il n’y a pas d’âge pour démarrer, et cela prend du temps.

Respecter l’intimité

Plus nos enfants grandissent, plus nous devons apprendre à respecter leur intimité et leurs secrets. Leur chambre, c’est leur espace, d’ailleurs ils vous le feront savoir quand ils en auront besoin. Nous pouvons les aider à en prendre soin, et aussi avoir un droit de regard car nous faisons le ménage, rangeons les habits, etc. Plus ils grandissent, plus ils peuvent s’en charger eux mêmes. Oui je sais, c’est tentant de le faire soi même… pour garder notre utilité de parent. Néanmoins, leur transférer ces tâches à l’adolescence leur permettra d’avoir un espace à eux, une vraie intimité. Vérifions que nous leur avons bien appris à ranger et prendre soin de leurs affaires (donc qu’ils ont bien cette compétence déjà acquise), et laissons les faire leurs propres expériences. Avec des ratés, c’est certain, mais si nous les soutenons sans moraliser et sans venir jouer les sauveurs, ils en apprendront des choses qui leur seront utiles pour leur vie d’adulte.

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Créer des règles ensemble

Pourquoi ne pas décider ensemble des règles pour le rangement ? Certaines familles instaurent des jours de rangement hebdomadaire (le samedi matin par exemple), pour d’autres, on range dès qu’on a fini d’utiliser quelquechose… il n’y a pas de règle fixe, à chaque famille de trouver ce qui lui convient le mieux. On peut organiser un temps de parole commun pour exprimer les besoins de chacun en la matière, et proposer des règles pour que chacun se sente respecté. Et noter et afficher dans une pièce commune au vu de tous ces règles qui devront être respectées par tous (oui ! vous aussi ! 🙂 ). Soyez à l’écoute de leurs récriminations autant que de leurs propositions, avec empathie. Ils en auront surement des choses à dire, parfois ils peuvent avoir de la colère. Écouter et identifier le besoin derrière permet de trouver des solutions efficaces et convenant à tous. Et il est important que les parents s’affirment dans ce processus: si il est non négociable pour vous que les vêtements de vos ados trainent au milieu du salon dès leur retour de l’école, réaffirmez-le, tout en écoutant leurs propres besoins. Activez des solutions gagnant- gagnant et votre créativité ensemble, pour respecter leur besoin de liberté et de repos, tout en respectant les vôtres : paniers ou patères dans l’entrée, temps de rangement avant le repas, etc. Chaque famille inventera ses solutions car à plusieurs nous sommes beaucoup plus forts et créatifs, et pourra réitérer le processus à chaque fois que quelqu’un en ressentira le besoin, car chacun change et les besoins évoluent.

Pour les parents de tout petits, créez des règles adaptées à vos besoins et aux besoins des enfants que vous identifiez, notamment d’attention et de proximité du parent: un tout petit a besoin de jouer à proximité de son parent. Il est illusoire de croire qu’il pourra jouer seul dans sa chambre. Et rappelez-leur régulièrement les règles en les faisant réfléchir : Que fait on quand on a fini de jouer ?  Ou se range cette poupée ? Où se range cette balle ? Il est normal de répéter, ça fait partie du processus d’apprentissage, et en la matière, apprendre à ranger prend beaucoup d’années.

Et vous, comment prenez-vous soin de votre besoin d’ordre vous-même ?

 

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J’ai peur que l’enseignante de mon fils ne soit pas bienveillante…

Lorsque l’on essaie de pratiquer l’éducation positive, il est parfois difficile de confier ses enfants à d’autres personnes qui n’ont pas la même philosophie d’éducation. En cette période de rentrée, il n’y a pas que les enfants qui ont des angoisses. Est-ce que ça ne va pas faire du mal à mon enfant s’il est puni ? Comment je peux convaincre la maitresse de faire autrement ?

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Biensûr, il serait plus facile pour tout le monde si nous avions les mêmes principes éducatifs tout autour de l’enfant. Mais ça n’est pas toujours possible, pour diverses raisons. Je fais partie des mamans qui n’ont jamais eu le choix de scolariser mes enfants dans une école alternative, bien que ça aurait été mon souhait premier, aussi j’ai longuement exploré les stratégies qui permettent que ça se passe bien quand même.

Explorer nos peurs … et notre vécu d’élève

De quoi avez vous le plus peur ?

Avant de lire la suite, répondez sincèrement à cette question. De quoi avez vous le plus peur pour votre enfant à l’école? Si vous le pouvez, écrivez ce qui vous fait peur sans réfléchir ni vous censurer.

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Avez-vous peur que l’école casse la joie de vivre de votre enfant ? Son gout pour la découverte ou l’apprentissage ? Sa confiance en lui ? Peut être l’année dernière votre enfant revenait il plein de stress car l’ambiance de la classe était délétère et stressante ? Est-ce plutôt la violence dans la cour qui vous embête ? La plupart des personnels de l’éducation aiment vraiment les enfants. Certains, pourtant, ne se rendent pas toujours compte de la portée de leur parole ou de certains actes, ou au contraire de leur inaction face aux enfants, c’est vrai.

Parfois, il y a vraiment besoin de protéger nos enfants en agissant auprès des personnels de l’éducation, et c’est notre rôle aussi. Dans de nombreux autres cas, pourtant, j’ai observé que le problème n’est pas toujours là, enfin le problème existe mais il n’est pas insurmontable pour les enfants. Dans de nombreux autres cas, c’est notre enfant intérieur, celui qui a longuement fréquenté l’école, et peut être pas toujours de façon agréable, qui s’exprime, surtout en début d’année ou avant la rentrée. Il est quand même coquin, cet enfant intérieur… il se cache bien, mais se montre dès que nos enfants vivent des situations similaires aux nôtres. Du coup, parfois quand notre enfant se fait réprimander, nous n’arrivons pas à être vraiment à l’écoute de ce que vit réellement notre enfant, de ce qu’il s’est passé réellement. Parce que notre enfant intérieur prend toute la place, et nous fait croire que notre enfant vit la même chose que nous avons vécu, et du coup nous partons en mode justicier rendre à l’école ce qu’elle nous a fait… et ça ne fonctionne jamais très bien. Du coup, avant la rentrée, c’est lui aussi qui peut se manifester.

Alors, comment vous sentez-vous face à l’institution scolaire, face à un enseignant ? Avez-vous gardé des blessures infligées par certains enseignants ? Comment était l’apprentissage pour vous ? La situation de groupe-classe ? Il est utile de se poser cette question quand nos enfants entrent à l’école, et de se la reposer régulièrement. Oui, maintenant 🙂

Avez-vous tendance à penser que votre enfant risque de vivre les mêmes choses que vous ?

Avoir confiance en mon enfant

Ce qui est le plus important pour votre enfant, c’est votre confiance en lui. Plus il sent que vous le sentez capable, plus il le sera. Votre enfant a des capacités d’adaptation inouïes, comme tous les enfants. S’il vit des choses difficiles, il sait que vous êtes là pour l’aider, et vous en parlera à sa façon d’une manière ou d’une autre. Faites lui confiance, il en a besoin. Il est encore petit, et il a besoin de votre confiance pour apprendre à se sentir grand. Il va faire des expériences, certaines très agréables, d’autres moins. Il en apprendra beaucoup, si vous êtes en confiance. Si vous êtes à son écoute, à l’écoute de son ressenti à lui, même différent du votre, il n’en gardera que ce qui le fera grandir. Ce qui compte pour les enfants, c’est que leur parent écoute leurs émotions et les aide à répondre à leurs besoins, y compris le besoin d’attention.

Si au contraire vous le jugez petit, vulnérable, s’il vous sent en proie à de la peur de le laisser seul face à un autre adulte, il aura plus de mal à s’adapter. C’est comme si vous lui  demandiez de confirmer votre peur… du coup il ne pourra pas être naturel dans son environnement scolaire. Si vous êtes en colère à l’égard de l’école, votre enfant n’aura pas d’autre choix que de vous rapporter ce qui ne va pas dans ses journées… pour ne pas être déloyal avec vous. Même si au fond ça se passerait plutôt bien. Vous pouvez être en désaccord avec l’enseignant sur certains points, ça arrive souvent, et être malgré tout serein : votre enfant a la chance de vivre des choses différentes à l’école et à la maison qui lui permettront de choisir, de connaître autre chose.

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Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer l’école, loin de là. Il y a de nombreuses choses à améliorer, c’est certain. Néanmoins, en tant que parents, c’est un exercice difficile que de vouloir révolutionner l’école de son enfant. Il vaut mieux agir à une échelle plus large si vous sentez le besoin de faire bouger les choses, tout en soutenant votre enfant.

Établir une relation de qualité avec l’enseignant quelles que soient ses méthodes éducatives

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La priorité en début d’année est d’établir un bon contact avec l’enseignant de votre enfant. Parce que quand un problème aura éventuellement surgi, il sera trop tard pour le faire dans de bonnes conditions. Observez sa façon de travailler, ce qu’il met en place. Remarquez ce qu’il met en oeuvre pour faire progresser les enfants. Allez le voir dans le 1er trimestre pour lui poser des questions, explorer sa façon de travailler, échanger sur le vécu de votre enfant en vous plaçant dans une optique de co-éducation : vous êtes partenaires autour de votre enfant, avec des rôles différents. Vous connaissez de nombreuses choses de votre enfant depuis sa naissance. L’enseignant, lui l’a observé dans un autre contexte, dans un groupe-classe et en situation d’apprentissage formel, avec peu de rapport affectif. Échanger vous permettra de confronter vos observations et de mieux comprendre ensemble ce qui aide votre enfant.

Peut être l’enseignant sera t il sur ses gardes (et parfois cela se traduit par une attitude fermée)… eh oui, les enseignants ont souvent peur du jugement des parents aussi ! Essayez d’écouter son point de vue, de souligner ce que vous avez observé de positif, de le remercier pour ses efforts. Essayer de comprendre sa position : travailler avec une classe entière est loin d’être simple, c’est un défi quotidien et une énergie démentielle à dépenser tous les jours. Non, les enseignants ne sont pas parfaits et oui ils ont des choses à apprendre. La difficulté, c’est que leur besoin principal est en général le soutien, alors ils n’apprécient pas du tout que des parents viennent pour leur dire ce qui ne va pas dans leur façon de travailler. Plus vous montrerez votre soutien, et plus ils se sentiront en confiance et vous aurez des échanges de qualité avec eux. Et plus ça sera le cas, plus en cas de problème vous pourrez établir un solide partenariat pour le résoudre ensemble.

Et si cela ne se passe pas bien en cours d’année, si mon enfant ne se sent pas bien à l’école ?

Avez-vous exploré les questions plus haut, et établi une relation de confiance avec l’enseignant? Oui ? Alors il est important d’aller voir l’enseignant en rendez-vous pour essayer d’y voir plus clair. Vous pouvez commencer par souligner les points positifs que vous avez observé, c’est important aussi. Puis vous pouvez décrire ce que votre enfant vous a rapporté, et ce que vous observez. Les mots-clés ici sont description et brièveté. C’est à dire être factuel et faire court. Ensuite, laissez l’enseignant exprimer sont point de vue et pratiquez l’écoute avec lui, c’est le moment d’appliquer vos connaissances en matière d’écoute active. Biensûr, cela suppose que vous ne soyiez pas vous même en colère à ce moment là, donc que vous ayiez en amont accueilli ce que vous ressentez peut être dans cette situation. Écouter l’enseignant, reformuler son point de vue, accueillir et nommer son ressenti à lui, sont les maîtres mots ici, en le faisant avec sincérité. Cela va vous permettre de comprendre son point de vue, de mieux comprendre la situation probablement, et de le rendre aussi plus à même de recevoir votre avis par la suite. Parfois, c’est difficile car l’enseignant va émettre une évaluation ou un jugement sur votre enfant (voire parfois sur vous-même). N’oubliez jamais qu’un jugement ou une évaluation sert toujours à masquer une émotion… Que votre enfant soit « perturbateur » ou « difficile » signifie simplement qu’il a un comportement inadapté en classe du point de vue de cet enseignant, et qu’il se sent impuissant à aider votre enfant à modifier la donne pour le moment. C’est tout. Lorsque vous aurez écouté et exploré avec lui, vous pourrez lui dire ce qui vous pose problème concrètement, et vous affirmer : certaines choses effectivement ne sont pas acceptables (celles qui ne respectent pas la loi par exemple ou portent atteinte à l’intégrité physique ou psychique de votre enfant), et pour d’autres, vous aimeriez que ça change (tout ce qui concerne les besoins physiologiques, les remarques qui brisent la confiance en soi de l’enfant, les choses qui lui rendent l’apprentissage et la vie scolaire difficile, par exemple). C’est important de le dire clairement, de décrire ce qui vous inquiète ou ne vous convient pas pour votre enfant , tout en affirmant votre volonté de trouver une solution ensemble. Je vous déconseille de  parler de façon générale (« il faut… ») ou « des enfants » (« les enfants ont besoin de respect… »), mais simplement de vous et de votre enfant : « Léo  est en train de perdre confiance en lui en ce moment et ça m’inquiète vraiment pour son avenir » ; « Léa n’arrive pas à se concentrer quand elle a envie de faire pipi, c’est vraiment un problème pour elle »…  Le fait de vous montrer actif pour rechercher des solutions qui permettent de respecter votre enfant ET l’enseignant ET le reste de la classe (ce n’est pas l’un ou l’autre) peut vraiment faciliter le dialogue et le changement.

Et si je suis convoqué par l’enseignant ?

C’est une situation difficile à vivre. Mais… ne vous rappelle-t-elle rien ? Comment vous sentiez-vous lorsque vous étiez convoqué par l’enseignant, quand vous étiez enfant? Nombre d’entre nous ont gardé en eux la trace de la peur voire de la terreur que pouvaient nous inspirer certains enseignants. Ces sentiments peuvent ressurgir quand nous sommes convoqués parce que notre enfant créée des problèmes en classe à l’enseignant. Souvent, il est nécessaire de se préparer à ce rendez-vous en recevant d’abord l’écoute d’une oreille bienveillante… faute de quoi nous adopterons inconsciemment une posture d’enfant, soumis ou rebelle, intérieurement.

Si l’enseignant vous convoque, c’est qu’il se sent impuissant à modifier lui même les choses (ce qui ne signifie pas qu’il n’a aucun pouvoir, mais c’est ce qu’il ressent). En somme, il a besoin d’aide. Là aussi, l’écoute active sera un outil très précieux, ainsi que le partage de vos observations et de ce que vous connaissez de votre enfant. L’enseignant sera peut être chargé d’émotions face à cette situation qu’il vit mal, et être écouté l’aidera déjà beaucoup. Vous avez le pouvoir de dialoguer avec votre enfant, vous êtes sa personne de confiance, mais certainement pas de modifier son comportement à distance car vous n’êtes pas en classe. En clair, le problème ne vous appartient pas, il appartient à votre enfant et à son enseignant. Vous êtes une ressource pour aider l’enseignant et votre enfant, mais vous n’avez aucun pouvoir de résoudre les choses à leur place. Punir votre enfant ou le priver de quelquechose peut être tentant, mais ne va pas aider votre enfant à apprendre de cette situation, et surtout cela brisera sa confiance en vous : la prochaine fois, il essaiera de vous le cacher, tout simplement. Vous pouvez recueillir le problème de l’enseignant et en discuter avec votre enfant – en dehors de la présence de l’enseignant –  pour l’aider à comprendre ce qu’il se passe pour lui en classe, pour l’aider à trouver d’autres solutions plus adaptées. Un comportement difficile est une façon d’exprimer quelquechose. Un enfant qui agresse ses camarades vit peut être des émotions difficiles à gérer pour lui. A nous de savoir écouter et décoder pour rendre le comportement inutile. A nous d’aider notre enfant à acquérir de nouvelles compétences  si c’est nécessaire, par exemple exprimer son mécontentement autrement. A nous d’identifier le besoin derrière le comportement difficile. Mais les solutions devront être élaborées et mises en pratique par notre enfant et son enseignant, en dehors de notre champ de vision. Notre enfant a besoin de notre soutien inconditionnel, même lorsqu’il dérape : nous lui faisons confiance pour réparer et pour trouver d’autres façons de fonctionner.

Faut il que les enfants soient présents lors des rendez-vous ?

Les avis sont divers à ce sujet. Souvent les enseignants veulent que les enfants soient présents afin que l’enfant comprenne enfin que son comportement est inadapté – car son parent est censé appuyer le discours de l’enseignant. Ce qui est ennuyeux, c’est qu’on se retrouve souvent à parler sur l’enfant devant l’enfant. Pour comprendre, imaginez par exemple que votre patron et votre conjoint se réunissent avec vous, et parlent de vous, de votre comportement dérangeant, devant vous… « Elle se perturbe ses collègues en plein milieu des réunions, elle ne fait pas son travail, je ne sais plus quoi faire, pourriez-vous lui dire d’arrêter? » Ce serait très désagréable et déresponsabilisant, n’est-ce pas? Aussi, par expérience, je trouve plus adapté que les enfants soient absents des réunions lorsqu’il s’y discute des difficultés ressenties par l’enfant ou l’enseignant. Il sera toujours temps de discuter avec votre enfant après coup de ce qu’il s’y est dit et des solutions qui peuvent être trouvées.

Nous sommes tous humains, nous avons tous à apprendre. Plus nous serons à l’écoute et dans le non-jugement, plus nous pourrons coopérer autour de nos enfants, ne l’oublions pas.

Belle rentrée à tous les parents !

PS : les ateliers Vivre et Grandir Ensemble comportent un module sur l’écoute, un module sur les besoins, un module sur la mémoire traumatique qui peut aussi s’appliquer à notre vécu scolaire, et un module sur l’apprentissage, qui sont utiles pour accompagner ses enfants dans leurs apprentissages et dans la relation avec les enseignants.

PS 2 : Si l’enseignant de votre enfant est ouvert et intéressé, je propose aussi de la formation professionnelle pour les enseignants pour les aider à accompagner les émotions, identifier les besoins des enfants, décoder les comportements difficiles en classe, favoriser les pratiques neuro-efficaces et aidant les enfants à être disponibles pour apprendre, et poser un cadre bienveillant.

 

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8 astuces pour faciliter la rentrée

Encore à moitié à vacances, l’esprit encore au soleil, voici la rentrée qui arrive à grands pas. Source de joie pour les uns, d’angoisse pour les autres, elle ne passe jamais inaperçue auprès des enfants.

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Vais-je être avec ma copine ? Est-ce que je vais réussir  mon année pour mon orientation ? Ma maîtresse sera-t-elle gentille? Comment sera ma nouvelle école ? C’est comment le collège, il parait que les 6e se font embêter? Comment redémarrer efficacement ? Comment faire si mon enfant n’est pas « propre » quelques jours avant la rentrée ? Petit florilège d’astuces pour les parents d’enfants scolarisés…

  • Accompagner la transition : la rentrée, c’est une transition. Vous le savez peut être, les enfants sont sensibles aux transitions, qu’ils vivent comme des petits deuils et l’accueil de la nouveauté, forcément génératrice d’un peu de peur et de stimulation. En fin d’été, pour faciliter la transition, on peut regarder les vacancesphotos de vacances, se dire ce qu’on a préféré des vacances, ce qu’on a aimé en famille. Pourquoi ne pas imprimer ses photos préférées, que l’enfant rangera dans une boite à souvenirs ? Cela permet de se focaliser sur du positif et de symboliser le fait de passer à autre chose. On peut aussi dire comment on se sent que cela se termine, dire au revoir aux vacances d’été et à l’année prochaine. Une fois cela fait, nous sommes disponibles pour accueillir la nouvelle période. Comment se passeront les mois de septembre, octobre, … ? open-notebook-autumn-leaves-yellow-page-around-white-background-flat-lay-top-view-77258982Nous pouvons aider notre enfant avec un grand calendrier, lui montrer l’été derrière nous et l’automne qui arrive, avec l’école mais aussi, le soleil qui diminue, les fruits d’automne, les feuilles qui tombent avec la température, la pluie et les bottes, … Pour les plus grands, il s’agira peut être de les aider à organiser leur agenda, placer leurs activités régulières, leurs moments avec leurs copains, les moments forts à venir, sur le calendrier…
  • Aider son enfant à visualiser ce qui l’attend : pourquoi ne pas dessiner avec elle le déroulement d’une journée avec eux pour qu’elle sache à quoi s’attendre, notamment pour les plus petits, ou ceux qui changent d’école.

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    Plus on décrit en détail, plus l’enfant peut se l’approprier. On peut aller voir l’école avec eux pour les remettre dans le bain ou leur faire découvrir ce qui les attend. Plus on visualise ce qui nous attend, plus c’est simple, et plus les peurs s’en vont. N’hésitez pas à décrire à la fois les lieux, les personnes, comment sera l’emploi du temps, ce qu’il fera concrètement la journée, comment vous vous retrouverez le soir.

  • Accueillir les émotions, ne pas chercher à rassurer. Dire « ça va bien se passer, ne t’inquiète pas« , ou « tu auras plein de copains, tu verras c’est super l’école« , par exemple, n’a jamais annulé les peurs de façon magique. Cela conduit juste l’enfant à ne pas faire confiance en son ressenti à lui. Il a peut être un peu peur ou beaucoup (pour les enfants entrant à l’école ou au CP) et c’est tout à fait normal. Ne sommes-nous pas dans le même état lorsque nous commençons un nouveau travail, ou changeons d’équipe ? Alors nous pouvons simplement dire : « oui, ça fait peur quand on change d’année / d’école, on a de nouveaux camarades en classe, une nouvelle maitresse« , « c’est difficile quand on va vers de l’inconnu« , « tu te sens à la fois stressé et excité à l’idée de retrouver ta classe » et juste écouter ce que notre enfant a à nous dire à ce sujet. « Et toi, comment ça te fait de rentrer en CP ? » Nous pouvons aussi raconter ou inventer des histoires qui parlent de la rentrée des classes, notamment celles qui mettent des mots sur les émotions que ressentent nos enfants. Les ados ne diront peut être rien, mais se montreront 450px-Einschulung_Schulranzenpeut être plus stressés ou émotifs que d’habitude. Nous pouvons partager comment nous nous sentions quand nous rentrions en 6e ou en 2nde, par exemple, pour engager la conversation. Verbaliser ses émotions permet de les mettre à distance et de leur donner moins de pouvoir, pensez-y ! Et biensur, on peut écouter la joie, le plaisir, dans ce cas les partager les rend meilleures ! Nos enfants ressentent souvent de la joie ET de la peur à cette période.
  • Créer des petits rituels de rentrée : acheter du nouveau matériel, préparer son cartable, avoir une jolie tenue pour la rentrée, prendre des photos le jour de la rentrée, être accompagné de ses deux parents à l’école … ces petits rituels aident à s’approprier le changement, et rythment nos vies.  Les enfants adorent les rituels : ils font partie à part entière des préparatifs. Comment pouvez-vous rendre ce moment agréable pour tout le monde ? crayonsEt vous, y prenez vous plaisir, ou avez-vous tendance à râler contre la terre entière qui s’est donné rendez-vous au supermarché pour les achats de rentrée ? Qu’est-ce qui vous mettrait en joie pour en faire un petit rituel ? Pour ma part, j’ai découvert qu’en allant dans la librairie de mon quartier, plutôt que dans un supermarché, je pouvais aussi trouver du matériel bien plus joli pour mon bureau, aussi c’est devenu un grand plaisir de chercher la pochette ou l’agenda qui réenchantera mes dossiers  pour l’année à venir … nous pouvons chercher ce qui nous rendrait ces rituels agréables, et encourager nos enfants à faire de même.
  • Bien prendre soin des besoins physiologiques : Pour être en forme et disponible pour apprendre, il est temps de reprendre les bonnes habitudes si elles se sont effacées pendant la pause estivale : bien dormir, manger sainement, écouter son corps pour en prendre soin, bouger régulièrement … Vintage Schoolhouse Printables PhotoObservez le rythme de votre enfant : à quelle heure s’endort il le mieux pour être en forme au moment du lever ? Comment recaler le rythme de votre enfant progressivement ? Comment organiser les soirées pour réhabituer les enfants à se coucher de bonne heure ? Chaque personne est différente, aussi, l’observation est primordiale ! Les autres besoins ne doivent pas être en reste non plus : contact, affection, temps de jeu libre, temps d’attention exclusive… afin de remplir le réservoir affectif de nos enfants, qui leur permet de développer des relations saines avec eux-mêmes et autrui, ainsi que leur capacité à apprendre.
  • Faire confiance à son enfant: il va peut être vivre des émotions, mais il les traversera si vous êtes serein vous même et pouvez accueillir ses peurs ou sa tristesse. Il a les ressources en lui pour traverser ce cap. Plus vous avez confiance, plus vous lui permettez de l’être, et de trouver son autonomie pour franchir ce genre d’étapes. C’est notamment nécessaire si votre enfant entre en petite section et n’est pas suffisamment continent (je préfère ce terme moins connoté à celui de « propre » qui sous entend que l’enfant serait « sale » auparavant) : faites lui confiance, il va s’adapter, et les enseignants et Atsems savent gérer ce genre d’accidents sans jugement ni critique. Montrez-lui comment faire, expliquez lui comment ça va se passer, lisez lui des histoires sur le sujet, et soyez confiant. child-431439_960_720Une amie à moi, pour se sentir mieux elle même, a tout simplement engagé une étudiante pour les premiers temps pour que son fils soit à la maison le midi et l’après midi pour la sieste, ce qui lui permettrait de porter une couche à l’école le matin si jamais son enfant n’arrivait pas à se retenir les premiers jours sans couche. Cela lui a permis d’être en confiance, et au final tout s’est bien passé, son enfant s’est très bien adapté en quelques jours après quelques petits accidents, il est devenu continent.

 

  • faire la liste de ce qu’on aime à l’école, de ce qui est agréable. Qu’est-ce qui sera bien après la rentrée ? Je vous encourage à questionner vos enfants. love schoolEt à partager ce que vous aimez vous à la rentrée, ou ce que vous aimiez quand vous étiez enfant : retrouver ses amis ou s’en faire de nouveaux, apprendre de nouvelles choses, commencer une nouvelle activité, avoir plein d’énergie pour reprendre sur de nouvelles bases, la nouveauté … et vous, qu’aimez-vous à la rentrée ?
  • Faire le point sur les habitudes familiales qu’on souhaite modifier. Quand on revient de vacances, la créativité est souvent bien meilleure, et si vivre à 100% avec nos enfants peut être épuisant, nous pouvons reprendre de bonnes habitudes au mois de septembre. level-10-bullet-journalA commencer par prendre soin de ses besoins de parent : qu’est-ce qui remplit mon réservoir affectif au quotidien ? De quoi ai-je besoin pour me sentir bien ? Comment puis je organiser mon agenda pour avoir des activités et moments qui me donnent de l’énergie, me permettent de me ressourcer? Si vous avez besoin d’aide, les ateliers Vivre et Grandir Ensemble recommencent en septembre. C’est ici pour les informations pratiques et dates.

Bonne rentrée ! 🙂

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Disputes entre frères et sœurs, comment les résoudre ? – épisode 2

Préambule : l’écoute des émotions

Il y a quelques temps, nous avons commencé à nous intéresser aux conflits entre enfants, et nous avions vu un premier outil pour apaiser les tensions et apprendre aux enfants à gérer les conflits : https://parentalitepositive.wordpress.com/2017/05/05/disputes-entre-freres-et-soeurs-comment-les-resoudre-episode-1/

Si vous avez suivi, vous savez que l’écoute est la première chose à mettre en place pour aider les enfants à gérer leurs émotions, afin de pouvoir régler leurs différends. C’est la première chose à vérifier lorsque vous intervenez sur un conflit : mes enfants sont ils aux prises avec des émotions qui perturbent leur analyse de la situation et leur réflexion ? Si oui, pas d’hésitation : un conflit ne se règle pas dans ces conditions, il faut d’abord utiliser notre trousse de secours d’urgence : l’empathie. J’ai expliqué pourquoi la dernière fois, ici nous allons explorer un autre exemple qui montre que les enfants ressentent souvent des émotions liées à leur interprétation des faits.

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Comment un enfant interprète- t-il le comportement d’autrui ?

Cela nous semble évident et pourtant les enfants mettent de longues années à l’intégrer : ce qu’il y a dans la tête des autres est très différent de ce qu’il y a dans la notre. C’est tout l’enjeu de la période 4-8 ans : apprendre que les autres ont des besoins et des pensées autres. Avant cela, les enfants imaginent que ce qu’il y a dans leur tête est évident pour autrui, et interprètent les actions des autres uniquement en fonction d’eux mêmes. Même plus âgés, cela demande des compétences complexes pour apprendre que les enfants ont des pensées et interprétations différentes.

Nous en avions déjà parlé dans le précédent article, il croient souvent que les autres enfants ont des comportements exprès pour les embêter. Ce qui n’est pas le cas la plupart du temps, les autres enfants cherchent juste à satisfaire leurs besoins à eux, parfois de la mauvaise façon. Comme vous le savez peut être, 90% de nos émotions sont générées par nos croyances et nos interprétations erronées des situations. D’ailleurs, nous tombons nous aussi souvent dans ce piège : nous disons : « ils m’ont fait une crise / un caprice » . Pourtant, ils ne l’ont pas fait contre moi ! Mais nos mots créent notre réalité: si je suis convaincue qu’ils ME l’ont FAIT, alors je vais être en colère parce que je me sens agressée puisque c’est contre moi, et je pars du principe qu’ils le FONT exprès. Si j’ai conscience qu’ils ont VÉCU une crise, sans l’avoir forcément choisi, juste parce que c’est comme ça qu’ils gèrent leurs émotions pour le moment, je me sens plus calme intérieurement pour me placer en posture d’adulte qui accompagne et enseigne. Nos enfants sont donc particulièrement victimes de ce phénomène de croyances et interprétations erronées. Dernièrement, nos deux grands se plaignaient sans cesse que le petit pleurait comme un bébé tout le temps, en se moquant évidemment. J’ai fini par comprendre une chose : ils avaient tous les deux la croyance que s’il pleurait, c’est qu’ils avaient fait quelquechose de mal et donc que c’était toujours eux les responsables. Empêcher le petit frère de pleurer était donc la façon la plus simple de ne pas se sentir coupable !

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Reformuler et décrire la situation pour sortir des interprétations

Pour sortir de ces croyances, les enfants ont besoin qu’on reformule avec eux ce qu’il se passe, sans évaluer ni juger. Le plus simple, c’est d’observer objectivement ce qu’il s’est passé, décrire : toi tu as fait ça, et lui il a fait ça. Et laisser chaque enfant s’exprimer sur le sujet. A certains moments, nous décrirons leurs émotions, et d’autres juste ce qu’il s’est passé.

Petit à petit, les enfants sortent de leurs croyances, tout en se sentant entendu et commencent à entendre ce qu’il se passe pour l’autre. Nous pouvons juste adopter cette attitude de « cerveau extérieur » qui les aide à formuler ce qu’ils ont à dire d’une façon qui n’agresse pas l’autre, où on parle de soi et on évite le « tu » ou « il » qui accuse. En effet, je peux entendre les besoins et sentiments d’autrui à condition que celui-ci les exprime sans que je me sente agressé ou accusé.

Maintenant que c’est fait, sont ils en état d’écouter les besoins de l’autre? Si oui, vous pouvez passez à l’étape suivante.

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La question magique du besoin

Derrière tout comportement, il y a un besoin. A quel besoin chaque enfant cherche-t-il à répondre ? A-t-il besoin d’appartenance, quand il vient dans le jeu des grands ? Il aimerait ainsi faire partie du groupe, se sentir inclus. A-t-il besoin de calme et de concentration quand il joue à construire des vaisseaux en légo ? A-t-elle besoin d’attention en venant la chercher auprès de son frère  ? A-t-telle besoin d’explorer en touchant aux bijoux de sa soeur? A t elle besoin de bouger, ce qui perturbe son frère qui veut du calme ?  Nos besoins sont universels. Les solutions pour y répondre sont par contre, très variées. Nommer nos besoins, c’est pouvoir être compris des autres et sortir du piège de la solution unique. En exprimant les besoins, aussi, chaque enfant reprend du pouvoir sur sa vie et pour satisfaire ses besoins. Un besoin d’attention peut être comblé par une autre personne, ou à un autre moment. Un besoin de calme peut être satisfait en changeant de lieu. Un besoin d’exploration peut être comblé en donnant d’autres objets brillants et colorés qui nous appartiennent. Il y a mille solutions à un même problème, et chaque famille aura la sienne.

Une fois que l’on a aidé les enfants à comprendre mutuellement leurs besoins, l’outil phare c’est … de les laisser  trouver une solution ensemble, si le conflit ne nous concerne pas, c’est à dire si ce n’est pas nous qui avons besoin de trouver une solution. A qui appartient le problème ?

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Sortir du conflit et leur exprimer notre confiance : prendre un posture de médiateur et non de sauveur

On peut ainsi par exemple leur exprimer qu’on leur fait confiance pour trouver une solution et quitter la pièce, s’ils sont en sécurité et plus sous émotion. Ou rester mais juste en observateur / en aide pour formuler des besoins / des solutions. Pas simple, n’est-ce pas  ? Et pourtant, en intervenant toujours pour proposer une solution, voire l’imposer, je leur envoie le message implicite : vous n’êtes pas capables de trouver une solution vous mêmes. Alors, pourquoi s’embêteraient ils à résoudre leur conflits, puisque qu’ils n’en sont pas capable à mes yeux ? Ou peut être l’ainé s’applique-t-il à reproduire le modèle qu’il a sous les yeux : imposer sa solution avec autoritarisme, ce qui ne résoud pas durablement les conflits. Il ne s’agit pas de dire aux enfants : débrouillez vous avec vos disputes. Il s’agit vraiment de les aider à s’apaiser et revoir la situation avec plus de recul, puis de leur permettre de régler leur conflit eux mêmes, entre eux. Cela leur apprend progressivement à être autonomes dans les conflits de leur vie. On peut leur dire : comment allez-vous faire maintenant / à l’avenir, pour que cela se passe mieux? Avez-vous des idées ? C’est tout à fait possible quand les enfants ont tous plus de 4-5 ans. Vous verrez, ils seront sans doute très créatifs et auront plein d’idées. Pour les plus petits, nous devrons trouver une solution avec eux, souvent, même s’ils peuvent aussi en proposer. L’idée principale, c’est qu’un enfant actif dans la recherche de solutions a bien plus de chances d’appliquer de lui même cette solution.

Savoir régler un conflit s’apprend… et demande pas mal d’expérience, d’échecs, d’essais… cela prend beaucoup de temps. Presque le temps d’une enfance. Ou d’une vie ? 🙂 . C’est dur de ne pas intervenir dans leur recherche de solutions, souvent, car nous les voyons aller droit dans le mur par des propositions qui nous semblent inadaptées. Nous avons une grande expérience et avons envie de leur en faire profiter. Pourtant, c’est un processus : rechercher ensemble, par essais erreurs. On apprend essentiellement en se trompant ! Et ce n’est pas grave… une fois qu’on a discuté, on se sent mieux, on est actif dans la recherche de solutions, on n’est plus une victime paralysée par ce qui lui arrive. Et si la solution ne marche pas, il suffit de rediscuter pour trouver autre chose. C’est un processus.

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Quand intervenir ?

Vous vous dites peut être : mais alors, on n’intervient jamais dans les disputes?

Et si, il est important de protéger avant de les laisser discuter de leurs désaccords. En particulier si il y a eu des coups, il n’est pas souhaitable que les enfants restent en présence l’un de l’autre, pour le moment. Ils sont dépassés par les émotions et ne sont pas en situation de discuter. L’enfant qui a été frappé peut sentir son intégrité menacée et avoir besoin de temps pour retrouver de la sécurité, il a besoin d’écoute et d’être contenu physiquement et avec douceur, sans la présence de celui qui l’a agressé. Celui qui a tapé a besoin qu’on lui signifie que la violence n’est jamais acceptable, et qu’on lui montre comment exprimer sa colère autrement, peut être aura-t-il besoin de pleurer et de décharger des émotions aussi. En tout état de cause, il est donc souvent nécessaire de séparer les enfants – parfois de force mais toujours avec bienveillance – ils ne le font pas exprès, ils sont débordés par leurs émotions – et d’être présent auprès de chacun d’eux  pour dégonfler leur ballon émotionnel, avant de rediscuter du conflit ensemble quand ils seront plus calmes. Cela leur enseigne aussi à sortir d’un conflit quand on n’est pas en état de le gérer ou que l’autre ne l’est pas, pour se protéger soi et protéger les autres, ce qui est une compétence nécessaire dans la vie d’adulte. Si tous les conjoints violents avaient cette capacité à sortir de la maison quand ils se sentent dépassés, le temps de redescendre, il n’y aurait sans doute plus de violence conjugale.

Dans ce cas, ou dans les cas où les émotions sont trop fortes pour discuter, il est très utile de remettre la discussion à plus tard, quand tout le monde sera plus calme et capable de prendre du recul et d’écouter les autres.

Parfois, les enfants se disputent parce qu’ils sont jaloux de ce qu’a eu un autre enfant, que ce soit du temps, de l’attention, un jouet, un compliment…. Comment les aider à mieux le vivre? Faut il leur donner toujours la même chose ? Comment être parent de fratrie sans se couper en deux, trois, quatre, cinq…? Nous en parlerons dans le prochain article.

A bientôt !

PS : c’est valable pour nous aussi : on essaie, on se trompe, on recommence, on expérimente, on apprend de nos erreurs de parents. L’erreur est une grande source de créativité et d’apprentissage, pour peu qu’on ne se juge pas et qu’on analyse ce qu’il s’est passé avec bienveillance, y compris envers nous même. 😉

 

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